
Ce mois ci l’interview qui vous est proposé vous sera livrée par le King en personne répondant au nom de… Dominique VALERA, je vais tenter de vous faire découvrir le parcours inaccoutumé d’un homme d’exception. Dominique est à ce jour un des plus grands Karatéka au monde, il a été promu récemment 9°dan et cette différenciation est toute à son honneur puisqu’il représente à lui seul prés de 47 années de pratiques sans interruption.
Aujourd’hui Dominique reste toujours aussi actif, il reste quasi présent dans toute l’Europe et ce tout au long de l’année. Cela fait de lui un des pratiquants les plus médiatisés, puisqu’à ce jour il à fait 19 fois la couverture de Karaté BUSHIDO et que nous pouvons le retrouver presque tous les deux mois sur une revue spécialisée pour y suivre l’évolution de ces stages ainsi que son actualité.
Il reste malgré ses soixante printemps un hyper actif redoutable, Dominique ne connaît aucune satiété sur un tapis… il a toujours soif de transmettre et qui le suit ou l’écoute s’enflamme tellement cet homme est contagieux. Sa passion pour le Karaté et le Full contact on fait de lui une légende… Dominique c’est forgé une solide réputation sur la planète toute entière puisque tout le monde le connaît et respecte son travail des plus impressionnant. Son parcours de combattant force la considération… puisqu’à ce jour il reste le français le plus titré en Karaté.
De ces deux passions sont nés le Karaté contact… reconnu et promu par la Fédération Française de Karaté depuis 2001, les adeptes sont sans cesse grandissant et Dominique continue d’étonner par son impressionnante souplesse et par la qualité de sont travail en technique de jambe. Le temps ne semble pas avoir d’emprise sur lui et ses stages font toujours salle comble…
Alors le temps d’une interview venez retrouver Dominique VALERA « the KING » l’homme aux 701 combats pour une interview unique et une confession intime sur sa pratique rien que pour nos fidèles lecteurs.
Propos recueillis par David SALUCCI.
1-Dominique, 47 ans de pratique dans le monde des arts martiaux… des victoires ! Des challenges redoutables ! Une réputation hors norme ! Pour vous aujourd’hui lorsque vous regardez derrière vous, qu’est ce qui vous a semblé le plus difficile à accomplir et pourquoi… ?
DV : Tout d’abord une petite rectification. J’ai 48 ans de Karaté et non pas 47 ans de pratique d’Arts Martiaux mais 54 ans au total, j’ai commencé par le Judo en 1954 suivit du Karaté en 1960, puis du Full contact et Kick boxing en 1975. J’ai continué ma pratique en relançant le Karaté Contact en 2001 au sein de la F.F.Karaté (sous la direction de Francis Didier devenu le nouveau Président,). Pour répondre sincèrement sur le fond de la question… car je ne suis pas du genre à revenir en arrière, le plus difficile reste à faire car ce qui a été accompli est déjà acquit. C'est-à-dire qu’une nouvelle discipline décriée par le « Clan traditionaliste » a le mérite d’exister aujourd’hui et se développe jours après jours.
2-Pour ceux qui vous connaissent de près on sait que pour Dominique VALERA une ceinture noire criblé de dan n’a jamais fait que tenir un Kimono et que ce n’est pas elle qui fait le pratiquant… aujourd’hui on vous affable de la plus haute distinction… celle de porter le « 9°dan » et « une ceinture rouge » dont tout le monde ne peut être que rêveur !!!... Comment vivez-vous cette distinction et à t’elle changé votre quotidien ?...
DV : La ceinture rouge de la même façon qu’une ceinture blanche attache le Karatégi, par contre c‘est ce qu’il y a … à l’intérieur qui doit faire la différence. Sachant que chez nous il ne faut pas attraper la grosse tête sinon plus personne ne peut la louper… je dirais que c’est plus la reconnaissance d’un parcours qu’une supériorité technique.
3-Vous avez combattu et travaillé avec les plus grands combattants de la planète arts martiaux, à ce jour qui vous a le plus impressionné ? … Iriez vous jusqu’à dire que certains pratiquants furent les vecteurs de vos résultats ?...
DV : Quand j’avais 7 ans Marcel Cerdan se tuait dans un accident d’avion c’était mon idole, puis en 1980 j’ai eu la chance et le privilège de serrer la main d’un immense champion de Boxe ! On me présenta à Mohammed Ali. Nous étions dans le même hôtel à New York. Je ne peux oublier ces moments qui ont surement été le déclic de certaines choses de ma vie. Par contre le combattant qui m’a le plus impressionné est ma petite mère (supposée 95ans) que j’ai perdu cet hiver entre Noël et le jour de l’an. Après avoir supporté la guerre civile en Espagne, elle a laissé l’aînée de la famille là-bas, à traversée les Pyrénées avec les 2 autres enfants plus petits pour émigrer en France en 1939, elle à subit la 2ème guerre mondiale où mon père s’était engagé. Elle s’installe définitivement à Lyon où 3 autres enfants naîtront dans une cabane au bord du Rhône après guerre dont je suis le dernier. Ces exemples de courage, de volonté et d’amour hors normes m’ont permis de ne jamais « lâcher l’affaire » quoi qu’il arrive … merci Maman.
4-On peut constater au fil des années une nette progression de la fréquentation des enfants au sein des clubs de Karaté de France, vous-même vous devenez de plus en plus pédagogue dans vos stages et vous encouragez les professeurs dans cette voie… pourquoi ? Avez-vous toujours été ainsi ? Que représente pour vous le potentiel des jeunes pratiquants au sein d’un club ?...
DV : Notre Fédération c’est 65 à 70 % de moins de 15 ans et le Karaté sportif est un sport de jeunes donc il faut dans notre enseignement se servir du ludique et du sportif pour faire passer les fondamentaux martiaux. C’est pour cette raison que j’encourage toujours à travers mes stages les enseignants à rester en bonne condition physique afin, d’une part préserver leur santé et d’autre part restés crédible dans leur pratique.
5-Vous êtes Expert Fédéral au sein de notre Fédération… vous êtes le français le plus gradé de France et le plus jeune détenteur du neuvième dan au monde… l’étiquette n’est-elle pas trop lourde à porter ? Savoir que les pratiquants vous voient comme une référence et que vous êtes avant tout un modèle pour eux… cela ne vous effraie pas parfois de ne pas vous sentir à 100% ?...
DV : J’apprécie les gens pour ce qu’ils sont et non pas pour ce qu’ils représentent. De plus…Je n’aime pas les étiquettes car elles peuvent se décoller ! Pour être plus précis en enlevant une étiquette on peut devenir « hypocritement » comme les autres ! Alors que quand quelqu’un est con c’est viscéral il ne pourra rien changer ! Quand au… toujours 100% ça n’existe qu’au cinéma. Car nous ne sommes et resterons que de pauvres êtres humains.

6-Pour rester dans le même ordre de question, lorsque que l’on connaît votre rythme et vos déplacements incessant, arrive-t-il parfois au King d’être fatigué ? Comment gère ton sa forme physique et son sommeil au sein d’un tel mode de vie ? Vous arrive-t-il d’avoir envie de baisser les bras ?...
DV : Pour moi la vie est un combat donc si tu baisses les bras…tu en prends plein la gueule ! Mon atout est le sommeil, je m’endors très vite et n’importe où, coucher ou assis et il m’est même arrivé de dormir debout accoudé à la barre dans un couloir de train pendant mon service militaire car j’avais à l’époque 14heures de train avec 3 changements pour revenir de Lyon à Mt de Marsan au 6ème RPIMA.
7-Le sceau du KING c’est une carte de visite non renouvelé depuis près de vingt ans par des techniques de jambes et une souplesse légendaire, comment conserver un tel bagage lorsque l’on à soixante ans ? Pensez vous qu’un pratiquant devrait stopper sa carrière à un âge déterminé ? ...
DV : Un vrai combattant restera toute sa vie un guerrier, le seul facteur de continuité ou pas est et doit être « le PLAISIR ». On conserve sa forme par des entrainements réguliers et intelligents où l’on va privilégier le travail en endurance plutôt qu’en résistance et quoi que nous fassions terminer par de bonnes séances de stretching et de respiration/relaxation. Arrêter les combats Oui ! Sa pratique Non.
8-Si vous deviez apporter une critique pragmatique au Karaté pratiqué de nos jours laquelle serait-elle ? Est-ce qu’aujourd’hui vous pensez que le Karaté peut encore évoluer ? Si oui quelle évolution lui serait le plus favorable ?...
DV : Ma critique serait de ne pas confondre notre Karaté… dans beaucoup de Clubs il y règne une pratique uniquement sportive qui restera un laps de temps plus ou moins agréable suivant vos résultats sportifs. Alors qu’une pratique de l’art martial me fera traverser les époques, les modes. Le Karaté ne peut plus évoluer, par contre sa pratique continuera d’évoluer en fonction des buts recherchés. Alors évolution la plus favorable ou pas… la phrase d’avant vous donne ma réponse. Maintenant je pense que si dans les années 80 on avait su développer un Karaté de compétition moderne qui serait un mélange de celui existant avec du Light contact, le dossier Olympique aurait été ouvert avant. Car quand on voit que maintenant les combattants ont des gants, des protèges pieds et tibias, des coquilles des protège-dents…et des casques et des plastrons bientôt… retard…30ans !...
9-Que représente aujourd’hui pour vous le bébé « Karaté contact » ? Son papa peut-il en être fier ? Pensez vous qu’il marchera bientôt sans accompagnement ? Le léguer un jour ne vous remplis t’il pas d’amertume ?...
DV : Le Karaté contact n’est pas mon bébé, c’est le travail de plusieurs personnes qui croient en une discipline sportive où tricher pour gagner n’est pas possible. Vous ne pouvez compter que sur vos qualités techniques et physiques mises en applications par les centimètres qui se trouvent entre les 2 oreilles (cerveau) pour gagner. Quand à le léguer oui ! Mais pour l’instant pépé est encore là !...
10-Dominique VALERA c’est aussi l’homme qui à révolutionné les balayages en compétition, pouvez vous nous éclairer sur ce qui vous a attiré sur ces techniques ? Pourquoi avoir insisté sur ce travail à ce point ? Que vous ont t’ils apportés dans vos plus grands combats ?
DV : Il serait plus juste de dire que mes balayages ont donné un côté spectaculaire à la compétition de Karaté. La finalité d’un vrai combat est schématisée par un combattant qui est au sol et l’autre debout. La preuve en est que, les spectateurs applaudissent beaucoup plus souvent le balayage que la technique qui doit suivre pour marquer le point. Le profane associe souvent le fait que tomber en combat c’est être vaincu. Dans mes combats, les balayages m’ont apportés la différence, l’efficacité et le respect.
11-Dernière question… pour être moi-même votre administrateur… lorsque je vous dis que vous êtes un Karatéka STAR puisque près de 40 000 visiteurs nous donne rendez vous chaque mois sur votre site officiel, cela vous impressionne t’il ? Nous sommes aujourd’hui les numéros 1 du web… à quoi associeriez-vous un tel succès ? Quel est le message global que vous aimeriez faire passer à nos lecteurs ?
DV : Impressionné… non, responsabilisé… Oui ! Cette réussite est le résultat de deux passionnés (David Salucci & Dominique Valera) pieds-poings fous furieux d’entrainement sportif et de travail avides de connaissances qui avancent ensemble pour retransmettre quelque chose légué par nos Sampaï.
Message à nos lecteurs :
Transmettez plus tard à votre tour vos connaissances afin de démontrer que la chaîne du Karaté Mondial continuera de se développer maillons par maillons pour propager une flamme de travail, de rigueur, de respect et de tolérance, même si celle-ci n’est pas Olympique…

Dominique Valera