Interviews


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16- Christian Tissier (Partie 1).
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17-Hassan FEKKAK (Partie 1).
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 15-Jean Pierre Fischer


C’était en 1967…              par Guy Sahri ©

 

Ce n'est pas la première fois que le Karaté montre une certaine réticence à se plier aux règles de la bienséance vis-à-vis de ses pratiquants. Quelque part il existe encore de vrais guerriers, des maîtres de l’ombre qui dépassent notre compréhension de l’Art, si on prend le temps d’y jeter un coup d’œil…


Figure emblématique du Kata dans le monde entier, Jean Pierre Fischer fait partie de cette génération exceptionnelle de Karatékas visionnaires. Compétiteur pendant plus de 15 ans, il est et restera sans doute avec son coéquipier Jean-Michel Blanchard, le compétiteur qui a duré le plus longtemps au plus Haut Niveau...


Le nombre incalculable de stages qu'il dirige depuis sa carrière sportive a contribué à entretenir le mythe, qui n'est pas prêt de s'éteindre maintenant, qu'il fait partie des Experts Fédéraux les plus renommés de la planète. Les très nombreux techniciens de l'hexagone qui suivent son enseignement depuis des années font que l'influence de cet Expert Fédéral 8ème Dan de la Fédération Française de Karaté et Disciplines Associées – FFKDA, Vice-champion du Monde Kata par Équipe et ex-Entraineur de l’Équipe de France Kata, reste très importante…


Fischer, ce sont aussi les produits dérivés! Livres, bien sûr, mais surtout une série de DVD qui se sont vendus à des milliers d'exemplaires et qui demeurent encore aujourd'hui d'excellents supports pour réviser ou dégrossir les Katas du Shōtōkan. Voyageant dans le monde entier et régulièrement, Jean-Pierre Fischer a un Karaté très ouvert, que certains jugent un peu trop académique. Mais s'il est vrai qu'il y a plus véloce dans les démarrages, l'équilibre et le verrouillage de ses techniques n'ont d'égal que leur grande précision.


Perfectionniste dans l’âme il reste un prodige de technique pure. Preuve de son efficacité et de son immense savoir faire et surtout de l’efficacité qu’il veut très pointilleuse.

Jean Pierre Fischer est un pilier de l’Art Martial qu’on doit examiner en détail. Close Up!

 


Guy Sahri: Vous y êtes venu tout seul au Karaté?


Jean Pierre Fischer:

Non… Disons qu’avant de connaître le Karaté je faisais de la natation et un peu de Boxe anglaise. En fait c’est par l’intermédiaire d’un ami qui pratiquait déjà à l’époque que j’ai découvert le Karaté. J’y suis allé et, effectivement, j’y ai pris goût tout de suite…

 

« Je suis toujours là… »

 

Guy Sahri: Quand vous êtes vous investi à 100% dans cet Art?


Jean Pierre Fischer:

Disons que je me suis investi à fond dans la pratique du Karaté en 1970 quand j’ai commencé dans un petit Club, l’US Monnaie, dans le 5ème arrondissement à Paris. Par la suite, je suis parti à l’armée pendant 1 an. Quand je suis revenu de l’armé en 1971 j’ai commencé le Karaté chez Monsieur Taiji Kase. J’ai alors vraiment découvert la pratique de l’Art Martial en m’investissant au maximum. A cette heure je suis toujours là, mais la période de la compétion est bien loin derrière moi. Je m’investis uniquement pour mes élèves qui souhaitent en faire…

 

Guy Sahri: En dehors de votre pratique quotidienne, avez-vous gardé des contacts avec vos anciens professeurs?


Jean Pierre Fischer:

Je n’ai plus aucun contact avec mon premier professeur. Par contre depuis que je vais au Japon j’ai rencontré plusieurs Senseï de la Japan Karate Federation – JKA, notamment Monsieur Hideo Ochi  avec qui je travaille depuis plus de 25 ans et Monsieur Mugita Sugimura avec qui je garde d’excellents contacts…

 

« Redevenir un simple étudiant… »

 

Guy Sahri: Depuis de nombreuses années vous retournez vous entrainer au Japon tous les ans. Quels sont pour vous les bénéfices et les inconvénients?


Jean Pierre Fischer:

Depuis plus de 20 ans je vais trois semaines par an m’entraîner au Japon. Le bénéfice: me « régénérer » en quelque sorte, redevenir un simple étudiant au lieu de donner des cours toute l’année. Il n’y a pas d’inconvénient particulier parce que nous sommes dans un univers qu’est le Karaté. C’est vrai qu’en France beaucoup de personnes se posent la question ainsi: « Mais pourquoi Jean Pierre Fischer va-t’il tous les ans s’entraîner au Japon? »…

A partir du moment où l’on ne fait pas cette démarche c’est que l’on n’a plus rien à apprendre et je pense que pour progresser on a toujours un bénéfice à prendre... Quand on voit certains Experts Fédéraux qui ne se remettent plus en cause, ne s’entraînent plus cela traduit un « gros » malaise au sein d’une Fédération quelle qu’elle soit…

 

« Ils se remettent en cause tous les jours… » 

 

Guy Sahri: Y a-t-il une différence de pratique quotidienne, c'est-à-dire celui qui est pratiqué tous les jours entre le Karaté occidental et le Karaté Japonais?


Jean Pierre Fischer:

(Sourires)… Il n’existe pas une grande différence de pratique quotidienne si on parle de Karaté Traditionnel mis à part  la Compétition. Franchement je te dirai que c’est le même Karaté à peu près partout…. Comme je le disais précédemment la seule différence au niveau du Karaté Japonais est que les Instructeurs de la  Japan Karate Federation – JKA s’entraînent tous les jours 1 heure, voire 90 minutes selon leurs disponibilités. Ils ont un  cours Instructeurs exprès pour eux. Ils se remettent en cause tous les jours. Voila, c’est « la » grande différence. Sans cela le Karaté reste très fondamental dans sa pratique…

 

« Le problème des « Dan »… »

 

Guy Sahri: Senseï Taiji Kase nous disait que la progression idéale est de 5 ans pour obtenir la Ceinture Noire de Karaté-Do. Mais ce niveau ne fixe que la mémorisation des techniques de base. Bien souvent au Japon, 3 ans sont suffisants pour obtenir ce Grade, mais l’entraînement journalier est de 2 à 3 heures. La ceinture noire 1er Dan est considérée égale à l’obtention du baccalauréat qui ouvre la porte aux études supérieures. Quels est pour vous le véritable problème des Dan?


Jean Pierre Fischer:

Si on prend une personne qui s’entraîne en moyenne deux heures par semaine et une personne qui mets 5 ans voire plus pour passer son 1er Dan cela reste logique quelque part. Si on s’entraîne 2 à 3 heures par jour, c’est tout à fait normal que le 1er Dan s’obtienne au bout de 3 ans. C’est quand même trois fois le même entraînement. Quand je l’ai passé avec le nombre de Licences exigées pour le passage du 1er dan, je l’ai conquis en 2 ans et demi, mais je m’entraînais plus de 3 heures par jour. Effectivement la progression est plus rapide que la moyenne. Maintenant le problème des « Dan » ce n’est pas le « Dan » mais les professeurs et leurs élèves. On les envoie un peu comme des clients, plus pour faire du « business » que pour faire avancer l’Art Martial. C’est vrai quand les Clubs viennent à chaque passage de Grade avec des élèves qui n’ont pas forcément le niveau requis, c’est plus faire « injure » à leur élèves que de les aider et finalement au bout du compte cela ne sert strictement à rien… Si on envoie des élèves dans un Passage de Grade c’est qu’ils sont prêts! Ils peuvent se tromper au niveau des Katas, du Kihon ou du Kumite cela peut arriver, c’est le stress, mais au moins ils sont mentalement aptes et doivent l’obtenir du premier coup.

 

« C’était rue du Faubourg Saint Martin… »

Guy Sahri: Vous souvenez vous de votre 1er Dan?


Jean Pierre Fischer:

(Sourires) Je m’en souviens parfaitement. C’était rue du Faubourg Saint Martin à Paris au Dojo Central qui à l’époque était un Centre de Boxe. Il y avait 90 personnes qui se présentaient ce jour là. Je me rappelle que tout le monde avait exécuté des Kata de base et je fus le seul à présenter « Kanku-Dai ». Le président du Jury était Monsieur Hiroo Mozizuchi, actuellement  9ème  Dan Karaté, 8ème Dan Aïkido, 8ème Dan Jujutsu, 7ème Dan Iaido, 3ème Dan Judo et Expert Fédéral FFKDA. Et c’est vrai, j’éprouve toujours beaucoup de plaisir à chacune de nos rencontres. Cela me rappelle que c’est lui qui m’a octroyé mon 1er Dan. C’était vraiment un grand moment! Je ne sais pas si maintenant, pour les pratiquants le fait d’avoir le 1er Dan cela les marques autant que nous à cette époque. Être 1er Dan, être ceinture Noire de Karaté c’était quelque chose de très fort!

Malheureusement les passages de Grades sont un peu « galvaudés » parce que l’on voit de plus en plus des 6ème Dan des 7ème Dan « à tout va » et que le sens du Passage de Grade pour moi est différent. Je pense que l’on doit resserrer l’examen et ses attributions. Je trouve qu’il y en a beaucoup trop. Le fait de voir des Hauts Gradés s’entraîner peu, voire même pas du tout, ce n’est pas normal d’accorder des Grades aussi facilement!

                            

Guy Sahri: Vous pensez que l’on « désacralise » trop le Passage de Grade pour un profit?


Jean Pierre Fischer:

Oui tout à fait. Si l’on prend sur Paris et non sur la région, un Passage de Grade normal est de 160 voir 190 personnes… On donne beaucoup trop et effectivement on banalise ce type d’examen. J’espère que l’on reviendra vers plus de qualité que de quantité comme le souhaite le Président de la Fédération Française de Karaté et Disciplines Associées – FFKDA, Monsieur Francis Didier…

 

« O Senseï Funakoshi fut le pionnier du Karaté… » 

 

Guy Sahri: Que pensez-vous de l'évolution du Shōtōkan depuis ces dernières années et les postures hautes pratiquées par Maître Gichin Funakoshi, jusqu'au style actuel?


Jean Pierre Fischer:

Si on regarde dans le passé le Karaté n’a pas tellement changé par rapport à l’époque de Masatoshi Nakayama. C’est le style Shōtōkan que l’on pratique encore aujourd’hui.  Sous l'impulsion de plusieurs élèves dont Masatoshi Nakayama, Yoshitaka Funakoshi le fils de Gichin Funakoshi décida d'inclure l'exercice du combat libre dans son enseignement, ainsi que plusieurs nouveaux coups de pieds tels le « Yoko-Geri », le « Mawashi Geri » et le « Ushiro Geri ». Par rapport au style ancien, les positions devinrent plus basses et plus fendues, presque écrasées au sol, les attaques plus longues et plus puissantes avec le concept de « Chi-mei ». Le « Chi-mei » est un principe que l'on retrouve dans plusieurs Arts Martiaux; il s'agit d'être capable de donner la mort en un seul coup (Ikken-Hissatsu) avec ou sans arme…

À cette époque le Karaté était uniquement un Budō, ce n'est que plus tard qu'il dérivera vers un concept plus sportif. Il existait bien à cette époque une forme du « Shiai », le « Kokan-Geiko », qui était l'ancêtre de la compétition actuelle. Le « Kokan-Geiko » (entraînement d'échanges courtois) était une rencontre entre équipes de dojos rivaux, une habitude fréquente avant 1940. Ces échanges courtois dégénéraient  régulièrement en confrontations acharnées et hors contrôle…

Un jour Taiji Kase nous raconta sa rencontre avec le fils de O Senseï Funakoshi : «  Quand j'ai commencé la pratique du Karaté, on nous a expliqué à nous les « Seniors » qu’O Senseï Funakoshi avait été le pionnier du Karaté dans beaucoup de domaines. Mais ils nous ont dit également que la grande évolution, révolution et développement de celui-ci fut réalisée par son fils Yoshitaka. Il fit un Karaté plus rapide, plus fort, plus dynamique. Senseï Yoshitaka Funakoshi cherchait la réalité, l'efficacité, si réellement les techniques fonctionnaient contre les attaques. Mais l'important à comprendre c'est que la grande évolution, du Karaté qu’O Senseï Funakoshi amena d'Okinawa, jusqu'au Karaté que faisait Senseï Yoshitaka Funakoshi, fut possible grâce au concept de « O-Waza » (technique de longue distance) avec le maximum de puissance et de vitesse »…

 

« C’est cela la « grosse » modification.. »



Guy Sahri: Que pourrait-on dire des modifications que la compétition a entraînées? Finalement est-ce un bien ou un mal?


Jean Pierre Fischer:

Je dirai que dans le domaine de la compétition il n’y en a pas eu beaucoup plus tant sur la sécurité des pratiquants et l’amélioration sportive que sur le Karaté lui-même... Si l’on regarde attentivement les Katas ils ne sont plus du tout pratiqués de la même façon qu’il y a 20 ans. On peut prendre un exemple dans l’Athlétisme sur le 100 mètres. En 1896 aux Jeux Olympiques d'Athènes l'épreuve « reine » avait été remportée par l’Américain Thomas Edward Burke dans le modeste temps de 12 secondes. Au dernier Jeux Olympiques de 2008 à Beijing, le Jamaïcain Usain Bolt bat le record du monde et pulvérise le Chrono à 9"69! C'est-à-dire qu’en l’espace d’un siècle on est descendu pratiquement à la limite physique de ce que l’être humain pouvait imaginer…

De même pour les katas comme « Unsu » par exemple, il y a 20 ans ils se pratiquaient entre 56 et voire 60 secondes, maintenant on est descendu à 45 secondes! C’est une performance mais ce n’est plus du tout le même combat. On travaille le « haut » mais pas le « bas », on travaille la « forme » mais pas le « fond ». Certes il y a l’aspect sportif qui n’est pas à négliger mais le Kata a perdu beaucoup trop de son « aura »  et c’est cela la « grosse » modification. Cela veut dire que l’on « mange » les techniques, qu’il n’y a aucun travail de hanches et c’est bien désolant parce que, en Karaté, à la base, on utilise essentiellement les hanches et non les membres supérieurs. Tout est compensé par la gestuelle et non par le fond, c'est-à-dire un travail dynamique de tout le corps. La question est de savoir si l’on reviendra vers un Kata plus juste, plus sur le fond que sur la forme, je ne pense pas au niveau des Compétions. Par contre dans les Clubs on sera obligé de travailler le « fond », c'est-à-dire le côté Traditionnel. A moins de n’avoir que des Clubs de compétiteurs…

 

« Ce n’était pas mon but primordial… »

 

Guy Sahri: En tant qu’ancien Athlète de Haut Niveau qu'est ce que le sport vous a apporté au quotidien dans votre vie?


Jean Pierre Fischer:

(Rires) En tant qu’ancien Athlète de Haut Niveau le sport ne m’a pas apporté grand-chose… Il faut

 être réaliste, à l’époque sur 10 ans d’Équipe de France, je n’ai jamais vraiment eu d’aide financière de la part de la Fédération Française de Karaté et Disciplines Associées – FFKDA, sauf une fois, et cela n’a pas changé de voire les choses et ma vie! Je ne faisais pas de la Compétition « pour » la compétition, je faisais de la compétition pour pouvoir progresser. C’est ce qui est un peu différent à l’heure actuelle où les jeunes Athlètes de Haut Niveau font uniquement de la compétition pour les résultats. C’est vrai que cela a marché pour moi au Haut Niveau et c’est tant mieux, mais ce n’était pas mon but primordial pour avancer dans la vie sociale…

 

« A mon époque nous faisions les deux… »

 

Guy Sahri: Que peut on dire du Karaté Sportif et quelle est votre position à ce sujet?


Jean Pierre Fischer:

A mon avis le Karaté sportif est une très bonne chose. Dans cette optique le fait de s’entraîner pour la compétition est un avantage. Cela permet de réaliser certaines choses et donc de se tester en Kumite dont le but est de toucher le partenaire sans se faire toucher comme en Kata, le fait de se présenter devant un Jury en essayant de le convaincre…

Sans faire « vieux Jeu » depuis un certain nombre d’années nous voyons de plus en plus de personnes se spécialiser en Kumite ou en Kata. A mon époque nous faisions les deux Kata et Kumite dans la même compétition comme d’autres anciens compagnons de l’Équipe de France qui sont maintenant Experts Fédéraux même si cela marchait mieux pour eux en Kumite qu’en Kata.

 

Guy Sahri: Au sein de votre Club, le Budokan 13 à Paris priviligez-vous l’enseignement du Kata ou du Kumite?


Jean Pierre Fischer:

Au sein du Club je ne privilégie pas les Kata ou le Kumite. Il y a autant de cours de Kumite que de Kata… J’essaie de compléter, par mon enseignement, une large palette d’outils afin de pouvoir faire progresser l’élève pour qu’il se sente bien dans sa tête comme dans son corps…

 

« Les avoir libérer quelque part… »

 

Guy Sahri: Qu’est ce que le Karaté peut nous apporter sachant que c’est aussi un sport de combat et un Art Martial quand on voit tant de violence dans le monde?

Jean Pierre Fischer:


En 2009 le Karaté pourrait se poser la question de savoir s’il est bon… Mais je crois que dans le monde ou l’on vit et dans la conjecture actuelle c’est très difficile, très stressant. La violence au sein d’une société peut se définir comme un chaos, une transgression des normes individuelles. À mon sens, elle peut être entrevue comme une dynamique ou un déséquilibre. La violence a été aussi interprétée comme la déstabilisation du système social qui ne parvient plus à se stabiliser face aux contraintes internes et externes. Mais ces approches restent très générales quant à la définition de la violence. Limitons-nous ici à évoquer la violence dans le monde du sport en général et dans celui des Arts Martiaux…

Ce qui caractérise agressivité et violence dans ces deux domaines, c’est qu’elles se déroulent dans le cadre de règles, délimitées précises bien établies. Sports et Arts Martiaux ont en commun d’avoir édicté un « ethos », une morale rattachée à leur pratique, et ce, depuis leur origine. Je dirais que les Arts Martiaux à travers le sport ont évité la violence répétée pour la métamorphoser en biens matériels. La violence fait aujourd’hui partie des tensions qui traversent le social et font toujours autant partie de la nature des choses. Elle n’apparaît que si certains refusent de se plier aux règles sociales, contestent les institutions. Dès que ces contestations atteignent un certain seuil, la violence met l’État, la politique en danger. Pourtant, elle est aussi un fondement nécessaire à la personnalité de tout individu. Si le sport a longtemps été entrevu comme un moyen parfaitement sain de régulariser la violence, les Arts Martiaux détiennent un pouvoir infiniment plus grand et cela, je le vois bien par rapport aux adhérents que l’on a ici. On a des médecins, des avocats, des professeurs, des ouvriers, des étudiants etc. Chacun vient au Club pour retrouver quelque chose, tenté de se sublimer, de repartir sous de meilleurs jours. Cela me fait très plaisir de les revoir partir avec le sourire, de les avoir libérés quelque part du poids du monde et de se sentir efficaces. S’entraîner renforce la qualité de l’échange, de la loyauté et de la confiance et c’est ce qui reste le plus important pour moi…

 

« Il prend toute sa dimension… »

 

Guy Sahri: Si quelqu’un veut expérimenter le sens profond du Karaté, comment doit-il le vivre?


Jean Pierre Fischer:

(Sourires) Comme il le souhaite… La pratique du Karaté c’est comme la vie. Il faut vivre avec sincérité. A partir du moment où l’on vit le Karaté ainsi il prend toute sa dimension. C’est la même chose quand on vient dans un cours, on pratique à 100%. Dans la vie c’est pareil nous n’avons pas de regret à avoir si nous faisons les choses correctement.

 

« Nous devons et avons l’obligation d’être corrects… »


Guy Sahri: Quel est la place que le Karaté a laissée dans votre vie? Est-ce que cela a était un support, un mode vie, cela vous a-t-il permis de mieux vous exprimer dans la Société?


Jean Pierre Fischer:

Le Karaté m’a donné un équilibre dans ma vie de tous les jours. Quand on parle d’enseignement la responsabilité est commune à tous. On essaye d’apporter une certaine technicité aux élèves en tentant de donner des réponses à leurs questions. Il faut être exemplaire soi-même. C’est la première directive. L’élève qui vient dans le Dojo s’identifie à son professeur. Nous devons et avons l’obligation d’être corrects à tous les échelons dans notre pratique. C’est vrai que ce n’est pas le cas pour certains Professeurs, mais pour ma part j’essaie d’être irréprochable dans mon enseignement…

                                

Guy Sahri: Quels sont vos projets à venir?


Jean Pierre Fischer:

(Sourires) J’en ai beaucoup… le principal est de continuer à former des élèves, de continuer à pratiquer, de pouvoir aller au Japon tous les ans, de diffuser la bonne parole du Karaté en espérant que le Karaté continue à évoluer dans le bon sens comme il le fait actuellement malgré les difficultés que nous rencontrons en politique sportive à tous les niveaux…

 

« Continuer ce que nous essayons nous les anciens… »

 

Guy Sahri: Pour conclure, auriez-vous un conseil à donner aux pour les pratiquants du monde entier?


Jean Pierre Fischer:

Pratiquer avec authenticité, enthousiasme. Essayez par vous-même et si vous avez envie de devenir Professeur de Sport et de continuer ce que nous essayons, nous les anciens, de vous transmettre ce que nous construisons et perpétuions depuis tant d’années, ne faites pas que répéter ce qui a été découvert…

Les supports de Jean Pierre FISCHER :



Dominique Valera  |  Approche du Karaté-Contact  |  Principales techniques  |  Le Karaté-Contact pour Auto-Défense
Réalisation: