Interviews


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9-J & S Buil.
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12-Valera-Bilicki-Chouraqui
Valera-Bilicki-Chouraqui (traduction en anglais)
13-Dominique Valera.
14-Serge Chouraqui
15-Jean Pierre Fischer
16- Christian Tissier (En Anglais). Partie 1.
16- Christian Tissier (En Anglais). Partie 2.
16- Christian Tissier (Partie 1).
16- Christian Tissier (Partie 2).
17-Hassan FEKKAK (En Anglais).
17-Hassan FEKKAK (En Anglais). Partie 2
17-Hassan FEKKAK (Partie 1).
17-Hassan FEKKAK (Partie 2).
18-Claude Goetz.



 16- Christian Tissier (Partie 2).

« J’essaie de le résoudre… »

 

Guy Sahri: L’Aikidō est une voie de « l’Art de paix », le but est d'améliorer l'Homme. Quand on voit l’augmentation sans précédent des actes de violence dans le monde, quelle est votre position, vous sentez-vous plus particulièrement investi d’une mission?

Christian Tissier:

Je pense que ce serait prétentieux de me sentir investi d'une mission. Je pratique avec enthousiasme. J'aime ça. Cela me plaît. J’ai besoin de le faire, j’y crois. À partir de là, j'essaie d'avoir un comportement dans mes cours, de bonifier les principes que je mets en place, c’est-à-dire que dans une action où il y a contrainte avec le partenaire, l’adversaire, et que le conflit ne peut être résolu harmonieusement, j’essaie de le résoudre d’un geste aussi pur que possible, voire martial. Donc j'essaye d’avoir une image dans ma pratique. À partir de la tous ceux qui vont suivre mon enseignement et tous ceux que je vais rencontrer, je ne cherche pas à les convaincre de quoique ce soit,  bien au contraire  je cherche simplement à les initier. Je ne pense pas  dans mes cours  parler de « paix », de « Ki » mais plutôt, par exemple, essayer de démontrer dans une action comment il est possible de conserver une pureté dans le geste et dans la pensée tout en ayant une relation martiale conflictuelle et comment résoudre ce conflit en y rajoutant ce que l'on cherche...

 

Guy Sahri: Qu’est ce qui peut vous paraitre choquant dans cette violence? Pensez vous qu’il y a une grande inégalité de l’information au profit d’une comunication plus ou moins vraie des médias et que finalement cela favorise une « haine »?

Christian Tissier:

Ce qui me choque dans cette violence c’est que ce n’est pas une violence raisonnée mais aveugle. Dans les Arts Martiaux plus particulièrement dans l’Aikidō il n'y a pas de compétition. On a une confrontation mais cette violence n'est pas aveugle elle n’est pas animée par cette folie destuctive. Je dirais qu’elle est contrôlée quelque part. Je ne sais pas si la violence extérieure elle-même est manipulée par l’information!... Je pense qu'il y a plutôt plein de failles dans le système, on s’interroge de plus en plus avec internet, c’est peut être encore l’endroit où il y a encore une vraie liberté. Ces dernières années, l'apparition d'une faille dans le système éducatif se ressent de plus en plus, que ce soit à l'école, dans la famille, les enseignants, les éducateurs sportifs. Quand j’entends certains qui pour soutenir une équipe lui disent: « les gas il faut aller les tuer! »… Cela me révolte totalement mais alors complétement! Ce n'est pas anodin ce que l'on dit... Il y a un gros malaise!

À partir de la j'ai le sentiment qu'il n'y a plus de limites et qu'il y a quelque chose d'impossible. Certes je peux comprendre qu'il y ait une altercation entre deux personnes qu’elles se mettent des claques mais que quelqu’un soit capable d'enseigner et d'éduquer de cette manière, oui cela fait très peur! On n'a pas de prise, voire de compréhension sur ce type de réaction. A ce niveau là, on frôle l’irraisonnable!

« On vit dans ce monde-là… »

 

Guy Sahri: Croyez-vous que l’Aikidō ou tout autre Art Martial permette de contrôler cette « folie » de la violence?

Christian Tissier:

C’est  sûr que quand je mets mon kimono, mon Hakama je ne pense pas à ce qui se passe à l'extérieur. Je me dématérialise du monde extérieur, ça c'est clair. C'est peut-être une bonne chose finalement! Mais certains esprits chagrins auront bien remarqué la propension qu’ont les medias à développer outrageusement leur rubrique faits divers à l’antenne depuis quelques années, c’est ingénieux de leur part… Il est plus que fréquent de compter jusqu’à 15 voire 20 minutes de faits divers dans les journaux télévisés dès l’ouverture à 13 ou 20H. C’est du matraquage visuel, à croire que le reste de l’actualité s’évapore devant l’importance grandissante d’une marée de faits divers tous plus jubilatoires les uns que les autres. Pendant qu’on s’apitoie sur le sort de malheureux, on renforce aussi le sentiment dans l’opinion que ces fâcheux faits divers sont plus importants que la misère du reste du monde. Et cela me révolte d’autant plus qu’à toute cette folie médiatique s’ajoute la désagréable sensation que le comportement individuel est la seule chose digne d’intérêt pour nos décideurs d’opinions et tu comprendras mieux pourquoi les faits divers ont envahi nos journaux télévisés… Remarque je pense que l'on finit par prendre du recul par rapport à certains événements et que forcément l’électrochoc diminue. C'est-à-dire on est concerné en tant que citoyen, en tant qu'individu. Cela ne nous concerne pas « nous » au sens propre du terme, c'est comme si c'était un monde parallèle. On vit dans ce monde-là on sait que cela peut nous arriver, on sait qu'il peut se passer n'importe quoi à la seconde près mais quelque part il faut s’obliger à prendre du temps et de la compréhension…

 

Guy Sahri: Lorsque vous étiez plus jeune pensiez vous avoir cette vision des choses?

Christian Tissier:

Oh que non, non parce que je faisais partie du système et que je n'avais pas de recul par rapport à ma propre expérience. Je suis quelqu'un de simple, j'ai été élevé dans le 20ème arrondissement et à Montreuil dans la région parisienne. Ce n'était pas une banlieue spécialement favorisée à l'époque. Nous vivions dans un HLM, ce n'était pas les mêmes violences que l'on a actuellement dans les banlieues ça c’est sûr. Peut-être parce que maintenant on est devenu plus vieux, des vieux « cons » quoi! (Rires)...

Je pense que finalement c'est un autre monde et que l’on ne fait pas partie de ce monde physiquement oui mais intellectuellement il y a des choses qui nous échappent totalement, qu’on ne peut pas comprendre. On n’y peut rien... C’est vrai, avec tout ce qui se passe, on dirait une autre planète parfois!

 

« Une autre réflexion qui se fait… »

 

Guy Sahri: Croyez-vous que l’Aikidō peut apporter une importante évolution sociale comme il en est pour le football qui a une très grande popularité dans le monde entier?

Christian Tissier:

C’est vrai que le football a une très grande popularité, mais est-ce que cela veut dire que cela apporte l'évolution sociale en elle même je ne sais pas. Au niveau de la densité de pratiquants c’est évident que cela apporte énormément Ce serait parfait s'il n’y avait que des gens bien dans les stades malheureusement ce n'est pas toujours le cas. Est-ce que c'est la discipline qui génère autant de pratiquants, difficilement probable... L’Aikidō est pratiqué par une population bien ciblée, ce n’est pas n’importe qui, ce n'est pas anodin. Pourquoi? Je pense que c'est comme ça, on doit accepter. Il y a des études très sérieuses qui ont été faites à ce sujet... Bien évidemment je ressens des catégories sociales. C'est ce qui reste logique quelque part! L’Aikidō comme Art Martial qui n'est pas en lui-même compétitif, qui n'est pas « aussi » un Art Martial immédiat et qui ne repose pas sur « je vais terrasser quelqu'un à l'instant… » ne va pas évidemment attirer une masse de personnes à sensation… C'est une pratique à long terme. C'est une autre réflexion qui se fait. Prenons un exemple en France l’Aikidō est énorme. Cela représente plus de 70 000 pratiquants. Dans le reste du monde il n'y a pas autant de pratiquants. Je pense même qu'au Brésil ils y sont à peu près, au maximum, 7000 à 8000 pratiquants Aïkidoka. C'est fascinant pour un pays qui compte plus de 199 millions d’habitants!

 

« Un art de paix… »

 

Guy Sahri: Chose incroyable, que pensez-vous des compétitions d’Aikidō qui se déroulent dans certains états du Brésil, alors qu’à la base c’est un Art non compétitif, un Art de paix?

Christian Tissier:

Je suis allé au Brésil plusieurs fois diriger des Séminaires J'ai déjà remarqué et vu des compétitions d’Aikidō anonymement et je peux te dire que c'est mal foutu, voire incompréhensible!

L'Aikidō à la base c'est un Art de défense un Art de paix. Dès l'instant qu'il y a une attaque on se pose la question de savoir comment on va se défendre. On ne peut pas se satisfaire d’une technique qui marche de manière relative grâce aux qualités physiques que sont la force ou la rapidité dans une compétition. Il y a enfin l’aspect spirituel dans la pratique qui n’est pas à « mettre à la porte »!

Je me rappelle ce que disait Senseï Shoji Nishio, 8ème Dan, malheureusement disparu de nos jours, que « l’Aïkido était le yurusu Bu, le Bu du pardon ». Et c’est cela, cela plus encore que tout le reste,  qui est une spécificité de L'Aikidō. La notion d’intégrité, de respect vis-à-vis de l’autre. Donc pourquoi pas, il peut y avoir des compétitions d'Aikidō comme il y a des compétitions de Kata en karaté, comme il y a des compétitions de Patinage Artistique, seulement qu'est-ce qu'on juge dans une technique, la gestuelle, la chorégraphie ou l’efficacité? Est-ce que toutes ces questions s’accordent?

Quelqu’un sera-t-il capable de juger, par exemple, la puissance, la stabilité, le sens réel dégagé, le travail des hanches etc. C'est évident qu'il y a des gens qui peuvent juger ces techniques, cela je n’en doute pas, mais les Aïkidoka ne peuvent pas juger çà. Et souvent c'est « la » question que l’on ne se pose pas ou que l’on ne veut pas réellement se poser. Finalement a-t-on vraiment besoin de compétitions pour exister?




Guy Sahri: Seriez vous d’accord pour une compétition qui rapporte?

Christian Tissier:

Je pense que c'est le problème de chacun de savoir si ce n'est pas par hasard que les pays pauvres sont meilleurs en boxe ou si ce n’est pas plutôt parce qu’une catégorie de gens en droit social très bas ont besoin de manger de se vêtir, de vivre quoi! C’est quelque chose de très délicat et en même temps très complexe. Voilà le problème en fait. Pour moi quand j'étais jeune j'ai fait de la compétition avant de pratiquer l'Aikidō j'ai fait quelques combats mais je n'ai pas du tout adhéré... Cela m’a permis de me rendre compte que ce n’est pas avec un coup de pied ou de poing qu’on règle un conflit, cela m’a permis de relativiser, de comprendre que le sac est le seul qui ne rend pas les coups, que même si un adversaire est plus faible on ne sait jamais ce qui peut te tomber dessus. C’est vrai cela m’a donné une certaine confiance une autre ouverture d’esprit. Mais de là à me voir vers les 40 ans me faire taper dessus ou taper sur quelqu'un pour de la compétition! Je pense que si certains le font c'est parce qu’ils en ont vraiment besoin et qu’ils n'ont pas d'autre solution. Je n'ai absolument rien contre ces personnes à partir du moment où leur motif est vraiment « honorable ». Je comprends  quelqu'un qui le fait pour nourrir sa famille, je le conçois parfaitement! Mais je ne comprends pas celui qui y va pour la « violence » pour une gloire sans mérite! Ce n'est pas le sens de l'évolution à mon avis. Pourtant au sens figuré je ne suis pas un pacifiste mais il faut remettre les choses à leurs places, il y a quand même une certaine violence dans le pacifisme...

 

« Il y a quelque chose… »

 

Guy Sahri: Ces dernières années trouvez-vous que l’enseignement technique et spirituel a évolué au sein des pratiquants, Clubs et Fédérations?

Christian Tissier:

A un certain moment dans les années 1960, l'aspect technique était souvent un peu négligé par rapport à l'aspect spirituel, il n'y avait pas beaucoup de recherche dans ce sens-là, il n'y avait pas ce sens magique dans la pratique. Mais il y a quelque chose! Il n’y a rien de magique! Vous ne pouvez acquérir le principe de l'Aikidō, du Judo, du Karaté que si physiquement vous acceptez une certaine discipline du corps, il en va de même pour la méditation, le Zen. Quelque  part on n'a pas choisi une discipline contemplative. C’est nous qui choisissons nous-mêmes une discipline physique et le corps comme support, comme outil, pour éventuellement découvrir quelque chose spirituellement et mentalement. On ne peut pas nier l'aspect technique. On ne peut pas nier l'aspect de sensations, d'un certain état d'être. S'il n'y a pas cet aspect technique, il ne peut pas y avoir d'ouverture vraiment ressentie sur tout ce qui est « autre » que la technique. À partir de la je pense qu'il serait mieux de prendre un livre c'est plus simple pour comprendre!

 

« Il y aura toujours des personnes qui vous diront… »

 

Guy Sahri: Que craigniez-vous le plus dans ces organismes?

Christian Tissier:

Je ne crains rien spécialement, on a besoin de club, d'association, de Fédération parce qu’on  progresse plus vite quand on est nombreux. C'est une question d'organisation, d'assurances etc…  C’est évident que maintenant rien n'est parfait. Il y aura toujours des personnes qui vous diront qu'elles sont plus ou moins influentes à la tête des Fédérations et qui peuvent d’une certaine manière  influencer la pratique, comme les compétitions. Par exemple, un président qui décide du jour au lendemain de faire de la compétition pour un ensemble de raisons médiatiques. Concernant cela, je pense qu’une certaine vigilance est nécessaire mais je ne pense pas qu'il y ait un danger particulier. Je pense qu’il y a plus de danger à dire que cette Fédération ne me convient pas, d’en créer une autre et de m'isoler totalement. On peut être nombreux à partir et,  faire des groupes dans son petit coin, cela isole les personnes. Çà c'est mon opinion. En France il y a deux Fédérations d’Aikidō, cela reste exceptionnel! En fait, à l'époque où le plus grand groupe était à la Fédération Française de Judo – FFJ, il fallait que nous en sortions pour devenir autonomes comme le Karaté, pour créer une seule Fédération d’Aikidō. Certaines personnes avaient considéré que ce n'était pas le moment. D'autres personnes étaient d'accord pour partir mais lorsqu'il y a eu cette séparation du Judo cela ne s'est pas fait dans de très bonnes conditions. Il y a eu de nombreux problèmes politiques et certaines personnes,  comme moi-même ont  décidé de rester et de voir venir les choses. À partir de là, il y a eu deux Fédérations qui restent totalement estimables. C’est une autre structure un peu différente de notre Fédération Française qui privilégie plusieurs sensibilités alors que l'autre Fédération est plus dans un aspect hiérarchique avec un Senseï en haut qui est Monsieur Nobuyoshi Tamura, 8ème Dan de l'Aïkikaï de Tokyo et Délégué de l'Aïkikaï So Hombu pour l'Europe. Cette personne est tout-à-fait estimable. Nous n'avons pas le même mode de fonctionnement. C'est vrai que d'un certain point de vue, on a isolé notre technique qui reste différente même si cela reste la même pratique pour tous le monde. J'espère que cela se résoudra...

 

Guy Sahri: Avez-vous eu des difficultés pour vous faire entendre dans la vie et surtout par les politiques?

Christian Tissier:

(Sourire) Je n'ai pas eu de difficulté, parce que je n'ai rien demandé. Etant donné que je n'ai pas spécialement de contacts en politique je n'ai vraiment jamais essayé. Que cela soit avec des députés et des sénateurs non, par contre avec un maire pour mon Dojo j'y suis amené quelque part. Mais je n'ai vraiment jamais demandé quoi que ce soit en retour...

 

« On apprend à celui qui perd… »

 

Guy Sahri: Croyez vous que l’Aikidō soit aussi une éthique de la responsabilité?

Christian Tissier:

Certainement. Mais il n’y a pas que l'Aikidō, où  je pense que l'on peut essayer de responsabiliser les personnes dans le cadre de la pratique. C'est un jeu, on amène le pratiquant à se responsabiliser en le plaçant en face d’une contrainte dont il faut trouver la solution. Cela nous responsabilise par rapport à nous-mêmes pour résoudre cette contrainte et par rapport à un partenaire, ce qui reste très intéressant. En Aikidō il n'y a pas de compétition comme je l’ai souligné auparavant, c'est un jeu de rôle, mais c'est la seule discipline où à 50 % du temps on est celui qui va perdre...

En Aikidō, on apprend à celui qui perd, ce qui n'est pas le cas dans d'autres disciplines où on apprend le Fair-Play, c'est un très bon esprit c'est normal. En fait on apprend à « être » dans la condition de celui qui perd en ayant une responsabilité…

 

Guy Sahri: Pensez vous que cela rejoint ce qu’Ô Senseï Morihei Ueshiba démontrait par son  humilité et l’acceptation de soi?

Christian Tissier:

L’humilité c'est à double tranchant surtout dans des situations conflictuelles. Le plus important c'est d'être ce que l'on est ni plus ni moins et d'accepter cette position. Je pense que c'est çà le plus difficile...

 

Guy Sahri: Vous sentez-vous plus libéré des contingences de ce monde?

Christian Tissier:

Je me sens assez bien. Je peux dire que je suis quelqu'un d'épanoui. Ma vie me convient. La seule chose que je puisse craindre c'est que des gens qui me sont chers  partent et disparaissent avant moi. En dehors de cela oui, je suis quelqu'un de privilégié... à tous points de vue.



Guy Sahri: Et la place de la famille dans tout cela?

Christian Tissier:

La famille c'est très important. Mon père a disparu malheureusement, mes enfants, la personne avec qui je vis actuellement, évidemment mon ex épouse, Micheline, font partie bien évidemment de la famille. Mais il y a aussi la famille au sens très large, les amis que je connais depuis 20, 30, voire 40 ans qui sont toujours présents, qui sont toujours fidèles dans les moments difficiles. Je dirais qu'il n'y a pas de lien familial au sens de la généalogie mais il y a des liens très, très forts. Le plus important c'est de ne pas vivre seul. Plus on va dans la responsabilité en tant que professeur d'Arts Martiaux, plus on a le sentiment qu'on voudrait être un patriarche. On aime quand il y a bien des personnes autour de soi, surtout quand c'est votre famille, quand ce sont vos enfants qui viennent vous demander un conseil, une attention et se rapprocher pour finalement se sentir bien auprès de vous. À partir de la tout est possible et on sait que quelque part on a réussi...

 

« C'était un être humain fabuleux... »

 

Guy Sahri: Cela revient à la question que je vous posais au début sur Ô Senseï Morihei Ueshiba,  qu’est ce que cela vous aurez fait de le rencontrer, si vous en aviez eu la possibilité?

Christian Tissier:

(Sourire) Je pense que tu as raison, peut-être que maintenant je serais prêt à le rencontrer. Et c'est vrai que c'est une question très importante puisque je me la pose quand même assez souvent...

Prenons l'exemple où je donne un cours à un  jeune enfant ou un jeune adolescent, il fait le salut à une image, je peux lui expliquer pourquoi il doit se courber devant cette image mais, en fait, qui représente-t-elle? Un vieux monsieur avec une vieille barbe qui n'est même pas français et qui peut être 10 fois plus vieux que son propre grand-père et qui est décédé il y a plus de 50 ans. Qu'est-ce que cela sera dans une centaine d'années! Peut-être qu'il faudrait trouver quelque chose de plus moderne ou de plus accessibles pour les générations futures. Ô Senseï Morihei Ueshiba n'était pas Dieu, c'était un être humain fabuleux! Il faut quand même relativiser, remettre les choses dans leur contexte. On lui doit énormément, çà c'est sûr. On doit toujours quelque chose à quelqu'un qui existait avant, c'est cela aussi la culture japonaise. « Keïko » dans l’idéogramme japonais, c'est « le fil qui nous lie ». Quand on pratique durant l'entraînement c'est ce fil qui nous relie à tous ceux qui nous ont précédés il y a plus de 1000 ans. C'est la continuité, on continue à tisser ce fil qui va relier les autres générations à travers notre pratique...

 

Guy Sahri: Que pensez-vous de cette citation: « Dieu regarde les mains pures, non les mains pleines »?

Christian Tissier:

(Sourire) Je pense qu'il faudrait que j'y réfléchisse, parce que c'est vraiment un essai philosophique... Dieu regarde les mains pures… (Silence)

Je pense qu'on pourrait se poser la question si Dieu existe. Et lequel? Est-ce que Dieu seul est Homme, l'homme est-ce que c’est moi, sans prétention aucune, et donc est-ce que moi-même je regarde les mains pures plutôt que les mains pleines. C'est vrai que d'un certain côté j'aime bien aussi avoir les mains pleines mais cela me satisfait d'autant plus d'avoir les mains pures pour la pureté dans le geste. Je ne tiens pas compte des influences mystiques parce que pour moi il n’y en a pas. L’Aikidō est quelque chose que je fais depuis très longtemps donc de façon tout-à-fait naturelle. Quelque part, effectivement, je travaille avec mon corps, mais je ne fais pas un sport, je pratique plutôt une discipline, voire peut-être avec des mains pleines, mais L'Aikidō reste quelque chose de fantastique et c'est vraiment la pureté par le geste qui reste exceptionnel...

 

« Le chant des oiseaux… »

 

Guy Sahri: Pour finir je vous invite à répondre à ces 10 questions. En fait, je regarde souvent l'Actors' Studio avec James Lipton, et c’est vraiment un moment que j'adore, c'est le fameux questionnaire à la fin de l’émission française de Bernard Pivot « Bouillon de Culture » bien sur vous répondez si vous le souhaitez:

 

 

Votre mot préféré?

Je t'aime...

 

Le mot que vous détestez?

Putain!

 

Votre drogue favorite?

Une coupe de champagne.

Le son, le bruit que vous aimez?

Le chant des oiseaux.

 

Le son, le bruit que vous détestez?

Le bruit de la ville.

 

Votre juron, gros mot ou blasphème favori?

Putain... (Rires)

 

Homme ou femme pour illustrer un nouveau billet de banque?

Si c'est un homme ou une femme cela m'est complètement égal...

 

Le métier que vous n’auriez pas aimé faire?

(Silence de quelques minutes)… Le métier de mon père!

 

La plante, l’arbre ou l’animal dans lequel vous aimeriez être réincarné?

Une orchidée.

 

Si Dieu existe, qu’aimeriez-vous, après votre mort, l’entendre vous dire?

Bienvenue... Christian!

Renseignements : www.christiantissier.com  



Dominique Valera  |  Approche du Karaté-Contact  |  Principales techniques  |  Le Karaté-Contact pour Auto-Défense
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