Alex Biamonti petit prodige du Karaté Français fût lors de son épopée de compétiteur une machine à rapporter des titres, en sept ans Alex ne rapporta pas moins de 18 titres nationaux. Parfois le talent et la rigueur ne suffisent pas il faut ce petit quelque chose en plus qui marquera les tapis de votre empreinte et ce petit plus Alex le détient.
Palmarès : 1998 / Champion du monde individuel, 1996 / 98 / 2000 / trois fois champion du monde par équipe. 1997 / Vainqueur de la coupe du monde, huit fois champion d’Europe individuel de 1995 à 2002, sept fois champion d’Europe par équipe de 1993 à 1996 et de 1999 à 2002. Vainqueur des jeux méditerranéens de 1997, huit fois champion de France (1993, 95, 96, 97, 98, 2000, 01, 02). Vainqueur de la coupe de France 1994.
Interview Alex Biamonti :
1) DS : Alex toi qui clamais « ma vie est une compétition » maintenant que tu t’es retiré des tatamis comment t’es-tu recentré dans ton quotidien ? La compétition et son haut niveau te manquent-ils ?
AB : Aujourd’hui, je dirais que ma vie au quotidien est aussi palpitante que lorsque j’étais compétiteur. C’est pour cela que j’essaie d’avoir le sentiment de me retrouver dans un second état d’esprit (celui de la compétition) en me donnant des challenges qui me permettront d’évoluer et par la même occasion de m’épanouir. Bien sûr que la compétition et son haut niveau me manquent mais si j’ai pris la décision de m’arrêter c’est que la motivation n’y était plus. En y réfléchissant bien, je crois que dans ma tête et physiquement aussi, je n’y étais plus. Si j’avais un souhait à formuler ce serait d’avoir cinq ans de moins. Ceci étant dit je ne regrette rien, j’ai partagé avec mon père l’aventure la plus fantastique de ma vie.

2) DS : Aujourd’hui si tu devais formuler un regret dans ta carrière de combattant lequel serait-il ?
AB : Et bien justement, je n’aurais rien changé. Je considère que même les défaites sont des victoires. Elles nous poussent aux dépassements. Peut être qu’en y songeant (avec une baguette magique…rires) savoir si j’aurais pu obtenir le même palmarès dans les catégories supérieures.
3) DS : On a connu un court épilogue te concernant dans la tentative d’un combat en Full contact, qu’en est-il ? Une reconversion serait-elle possible pour toi dans cette discipline ?
AB : C’est du passé aujourd’hui, c’était comme tu t’en doutes un challenge qui rejoint la question n°1. Malheureusement j’ai subi une blessure et je n’ai pas pu combattre à « La nuit des champions 2005 ». Dommage car je me suis entraîné intensément durant trois mois de façon très éprouvante. J’ai croisé les gants avec de grands champions comme notamment Samir Berbachi et Franck Lubrano. Ensuite des responsabilités fédérales m’ont obligé d’abandonner car mon emploi du temps devenait trop chargé.

4) DS : Quel est l’objectif que tu aimerais te fixer aujourd’hui pour le futur concernant ta carrière sportive ? De nouveaux défis en perspective ?
AB : Mes défis sportifs ? Très simple ! Donner aux plus jeunes tout ce que l’on m’a transmis (d’ailleurs ça me rappelle mes propres débuts au côté de Dominique) afin de permettre aux futurs compétiteurs de notre fédération de pratiquer un Karaté exemplaire aux références mondiales.
5) DS : Alex, tu avais monté je crois un projet dans l’éducation civique qui se prénommait « Ta force ? Le respect » pour éduquer et inviter les jeunes au rôle de la citoyenneté, ce projet a-t-il été un succès ? D’autres projets dans lesquels tu prêterais ton nom pourrait-il voir le jour ?
AB : Le projet « Ta force ? Le respect ! » Est un vrai succès ! J’essaie dans le cadre de mon travail au conseil général 13 de faire passer des messages aux jeunes collégiens autour de mots simples : Respect, Tolérance, Empathie, Racisme, Xénophobie, Ecole…L’objectif est de prendre un mot, de le définir et à travers ce mot y mettre une attitude et un comportement.
Questions Dominique Valera :
6) DV : Alex te connaissant depuis l’âge de huit ans, pourquoi avoir suivi la filière du Karaté amateur, alors que tu étais aussi doué dans d’autres sports où tu aurais pu être beaucoup plus médiatisé et donc gagner plus d’argent ?
AB : On me compare souvent à Marseille au « Zidane » du Karaté. La seule différence entre Zizou et moi se situe au niveau du portefeuille ! À la base nous (les sportifs de haut niveau) avons tous le même dénominateur commun : le dépassement et la performance. En fait du haut de mes huit ans, l’argent n’était pas du tout le critère de sélection dans le sport choisi. J’aimais le Karaté et les deux personnes qui me l’ont fait découvrir sont mon père et toi.

7) DV : J’ai eu Jean (ton père) et Maurice (ton oncle) dans mes stages, ensuite je t’ai eu toi (le fils) est-ce que tu penses qu’un jour j’aurais le petit fils ?
AB : Peut-être que si le Karaté lui plaît (je ne sais pas) tu auras le petit fils mais en tout cas j’espère qu’il aura la chance de te connaître car au delà du champion que tu es, c’est l’homme, le grand monsieur que je souhaiterais qu’il découvre.
8) DV : Ne penses-tu pas qu’en compétition de Karaté traditionnel, la formule « Skin touch » serait la formule idéale pour la compréhension du public et l’intérêt des médias à retransmettre des combats ?
AB : A croire que oui, si l’on observe de plus près les seuls sports de combats retransmis à la télévision sont : la boxe anglaise, le Kick boxing et la boxe thaï…
(MASTER 2004)
9) DV : Alex nous qui avons connu le FEU des compétitions nationales et internationales, penses-tu que nous pouvons nous assagir avec le temps et devenir plus spirituels ou penses-tu que l’on conserve l’âme d’un combattant toute sa vie ? Donne moi ton avis.
AB : Je pense que l’on devient plus mature avec le temps, sans vraiment changer sa nature de compétiteur et de gagneur. En vieillissant on a l’expérience de transmettre en tant qu’entraîneur mieux que tout autre personne la gestion du stress car nous l’avons vécue nous-mêmes pendant de longues années.
10) DV : Que penses-tu de certaines médisances et jalousie lorsque l’on s’appelle Biamonti ?
AB : Ca fait partie de la vie, il faut savoir gérer le tout avec philosophie.
Propos recueillis par David Salucci.
Prochaine interview (dernière semaine de février) avec :